ServiceNow a profité de sa conférence Knowledge 2026 pour exposer clairement la direction que prendra le développement assisté par l'IA : la plateforme gagnante ne sera pas celle qui demandera aux développeurs de changer d'outils, mais celle qui leur permettra de développer n'importe où tout en maintenant les contrôles d'entreprise en place.
Dans une interview exclusive accordée à The New Stack, Jithin Bhasker, vice-président du groupe et directeur général de Creator Workflows et App Engine, a déclaré que la réalité des entreprises avait changé. Les développeurs utilisent déjà Claude Code, Codex, Cursor, Windsurf et la nouvelle vague d’outils de codage agentique à mesure qu’ils apparaissent. La question, a-t-il fait valoir, n’est plus de savoir si ces outils existent, mais si les organisations peuvent contrôler ce qu’ils produisent une fois qu’ils sont orientés vers les systèmes de production.
C'est cette vision qui sous-tend la dernière version de ServiceNow. L'entreprise ajoute de nouvelles fonctionnalités de gouvernance, des intégrations plus étendues avec des outils de développement tiers et des mises à jour de sa propre pile de création d'agents. Build Agent fonctionne désormais au sein d'IDE axés sur les agents, notamment Cursor, Windsurf et GitHub Copilot, et ServiceNow intègre également l'agent dans ServiceNow Studio pour la première fois. Au sein de Studio, l’agent est alimenté par Claude Opus 4.6 d’Anthropic.
La plus grande avancée pourrait bien être celle qui suit la phase de construction. ServiceNow associe ces intégrations à App Engine Management Center, qui, selon l’entreprise, permet de gérer le cycle de vie des applications et des agents créés par les équipes. L’entreprise affirme que le système ajoute une boucle de test auto-réparatrice capable d’écrire des tests, de diagnostiquer les défaillances et de corriger les builds défectueux jusqu’à ce que les contrôles de qualité soient validés. Elle propose également des Agent Packs, qui permettent aux clients d’intégrer leurs propres normes de développement dans le flux de construction.
L'argumentaire de ServiceNow ne vise pas tant à remplacer les outils de codage IA existants qu'à devenir le plan de contrôle qui les entoure. C'est important car les acheteurs d'entreprise se méfient de plus en plus du verrouillage : les développeurs veulent conserver les outils qu'ils apprécient déjà, tandis que les DSI veulent des garde-fous, des normes et de la visibilité. En ce sens, la question concurrentielle passe de « quel modèle écrit le code le plus rapidement ? » à « quelle plateforme peut garantir que le code généré par l'IA reste sûr, vérifiable et maintenable à grande échelle ? ».
La réponse est encore en cours d’évolution, mais la direction à suivre est claire. Le développement assisté par l’IA n’est plus seulement une fonctionnalité au sein d’un éditeur. Il devient une couche de plateforme, et les entreprises capables de gérer la zone grise entre le codage, la révision, les tests et la gouvernance sont celles qui ont le plus de chances de définir la prochaine phase du marché.